Le Coup de coeur 2014 : L'école ARBORESCENCES

L’école Arborescences à Nogent-sur-Marne créée en décembre 2009 par Isabelle Combes et Anngaïde Plourde, illustre quelques principes et axes de travail qui mériteraient d’être déployés dans d’autres écoles spécialisées :

 

  1. Démarche centrée sur l'épanouissement de l'enfant (postulat : la "réussite" scolaire et extra-scolaire découlera naturellement du bien vivre de l'enfant) et le retour dans le système conventionnel. L'épanouissement de l'enfant repose notamment sur le bon fonctionnement de l’écosystème mis en place autour de lui et avec lui : triptyque d'adhésion et de confiance enfant/parents/école.

  2. La pédagogie est à la fois inspirée des « pédagogies alternatives » de type Freinet ou Montessori mais aussi de L’Atelier* à Montréal qui  « se définit comme une école publique choisie par des parents qui acceptent de s’y investir, parce que cette école vise à responsabiliser l’enfant à l’égard de ses différents apprentissages. L’enfant est outillé pour planifier, s’organiser, se débrouiller et collaborer. Il réalise des activités ouvertes seul ou en équipe. Il apprend à faire face aux difficultés et à prévoir les solutions de rechange. Il est amené à comprendre ce qu’il fait et à vivre avec les autres enfants dans un cadre de respect démocratique et d’interdépendance »

  3. École et pédagogie dédiées aux enfants "hors normes" ou "originaux" pendant le primaire (5 - 11 ans), période socle dans la construction de la personnalité de l'enfant au cours de laquelle l'identification à un groupe de coreligionnaires est de nature à les rassurer et à rompre l'isolement dans lequel certains se sont réfugiés (de gré ou de force). 3 classes et 43 élèves en 2013-2014

  4. Posture non élitiste et préventive. Priorité donnée à la réussite de la réintégration dans le système scolaire "classique" en 6ème (idéalement, dans le respect du cycle des enfants, l'école Arborescences pourrait accompagner les enfants jusqu'à leur entrée en 4ème)

  5. Posture préventive : en identifiant et en agissant le plus tôt possible, cette école contribue à éviter de nourrir la cohorte annuelle des "décrocheurs" (140.000 jeunes quittent le système scolaire sans diplôme chaque année et 2/3 des enfants « précoces » seraient en échec scolaire - rapport Delaubier 2002 -)

  6. Année scolaire rythmée par des cycles pédagogiques de trois semaines communs à l'ensemble des élèves (exemple : centrer le cycle dédié aux mathématiques sur l'idée d'imaginer l'école Arborescences du futur en mobilisant les connaissances en mathématiques des élèves pour passer du concept au plan et à la maquette=donner du sens aux connaissances par la mise en pratique en présence d’un architecte). Programme académique le matin, ateliers l'après-midi (dont l'anglais, le chinois, l'apprentissage de l'empathie et de la résolution non violente des conflits par le truchement du Cidel : Centre d'Investigation pour le Développement Ethique - Gilda Henriquez Darlas).

  7. Engagement sociétal et solidaire : 25% de boursier. Coût scolaire annuel=6 K€ par enfant à raison de 600€ par mois pendant 10 mois (prix dégressif pour les fratries).

 

 

Katrin Tadjen, coach parental.

« Consultante en entreprise avant de devenir coach indépendant spécialisé dans l’accompagnement des familles et des professionnels de l’éducation, elle a suivi une formation scandinave de « l’enfant compétent » en 2010, et base son coaching sur les principes du psychiatre neurobiologiste Gerald Hüether.
Elle participe aux formations internes de l’équipe et aide à développer une relation harmonieuse avec les parents. Elle organise une fois par trimestre une journée de réflexion pour les parents, un samedi « école des parents ».

« Regroupement : Agora ouverte où chacun peut apporter ce qu’il veut partager avec les autres (idées, expériences, histoires, sorties, spectacles…). Le lundi il a lieu en groupe classe, le jeudi avec toute l’école. Lorsqu’un apport suscite l’intérêt de tous, il est immédiatement intégré comme base d’apprentissage, il est soit utilisé directement  dans le cycle en cours soit dans le suivant en fonction de l’opportunité.

Rituel : Il rythme la journée, favorise la concentration pour les apprentissages du cycle et l’appartenance au groupe classe.

Cycle : Les matières fondamentales (français, mathématiques, sciences ou histoire/géographie) sont enseignées par cycle à partir d’un thème annuel autour d’un projet qu’ils peuvent présenter et dont ils sont fiers (cycle : français/thème : actualité/projet : faire un journal, rédiger un article). Les objectifs d’acquisition de connaissances sont distribués individuellement en début de cycle et appréciés en auto-évaluation avec l’élève en fin de cycle.

Actions ouvertes : Travail de recherche en autonomie sur un thème ou une problématique donnée. Les enfants en réalisent au minimum 3 dans l’année : une seul, une en binôme et une à 3 ou plus. Chaque action aboutit à un exposé devant les autres ou contribue à un projet concret de collaboration (une action citoyenne).

 

Rallye du vendredi : exercices individuels et autonomes de révision des acquis.

Les Ateliers de l’après-midi sont organisés en 4 groupes de 10 élèves pour une durée de 30mn chaque. Les élèves suivent 3 cours d’anglais, 2 cours de chinois, 2 cours de manipulation / motricité fine, 1 ou 2 cours de lecture, 1 cours d’ouverture au monde au travers des religions, 1 cours de musique, 1 cours d’art ou d’histoire et règles du sport.

Les pépites récompensent chaque semaine les efforts de comportement et de travail des élèves. Elles sont mutualisées au niveau de l’école dans un grand vase. Lorsque celui-ci est plein les 3 élèves ayant gagné le plus de pépites sur la période choisissent une sortie pour toute l’école.

Les réussites : A chaque fin de cycle chaque élève reçoit ses réussites correspondant aux acquis de connaissance lors d’une cérémonie animée par la direction de l’école. Chacun y est félicité et encouragé. Il n’y a pas de note.

SVT  (Sciences et Vie de la Terre) : Cet atelier est réservé aux élèves en dernière année. Il s’agit de les préparer aux attentes de la 6ème en terme de comportement en classe au travers d’une matière qui les passionne. Ils auront ainsi plus de compréhension et donc moins d’appréhension de l’univers du collège et de son exigence.

CIDEL : Modèle d’Education universelle pour le développement éthique.

 

Programme pédagogique de 3 ans destiné aux enfants de 5 à 7 ans (à raison de 2h par semaine), ce modèle est conçu comme une solution à la situation de violence qui régit trop souvent les interactions humaines aujourd’hui, de l’échelle planétaire à l’échelle locale. Il vise à développer chez les enfants les facultés cognitives nécessaires pour faire preuve d’empathie et de sagesse dans les interactions humaines.

Résultat de 12 ans de recherches philosophiques, psychologiques, cognitives et pédagogiques, effectuées par Gilda Henriquez Darlas, et le CIDEL, Centre d'Investigation pour le Développement Ethique, le programme a été implémenté dans une dizaine d'écoles dans 5 pays du monde, a concerné plus de 2000 enfants, et son efficacité a été démontrée par des tests avec des groupes pilotes et des groupes témoins.

Conclusions : L’enfant fait chaque jour le résumé de sa journée et de ses faits marquants dans son agenda ou son journal intime.

 

 

L’école s’est dénommée Arborescences en référence au mode de fonctionnement du cerveau des enfants à hauts potentiels : « L’enfant précoce, n’est pas simplement quantitativement plus intelligent mais pense dans un système qualitativement différent. »

On parle de pensée « en arborescence », caractérisée par une grande curiosité, une aisance verbale et la capacité de s’approprier des connaissances par ses propres moyens.
Cette forme de pensée a besoin d’entrevoir la finalité de la problématique, des apprentissages ou du raisonnement pour être canalisée. L’apprentissage séquentiel tel que proposé dans le cadre classique est donc totalement inapproprié dans ce cas de figure.
De plus, sa mémoire de travail contient plus d’informations que la moyenne, et la durée de stockage de ces informations y est plus longue ».